Pierre Messmer et Jacques Chirac autour de Michel Pierucci pour l’université en 1974

Jacques Chirac est né le 29 novembre 1932 à Paris.

Il est le fondateur de deux mouvements politique comme le RPR et ensuite de l’UMP. Ce dernier sera à plusieurs reprises député  de la Corrèze et maire de Paris de 1977 à 1995. Il occupera la fonction de premier ministre sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing de 1974 à 1976. Lorsque Mitterrand sera Président en 1981, Jacques Chirac devient le premier chef du gouvernement d’une cohabitation en 1986.

Il sera Président de la République de 1995 à 2007

Pierre Messmer qui est Premier ministre et Jacques Chirac Ministre de l’intérieur, viennent à Corté le 26 Mars 1974.

Lionel Jospin 1er Ministre venu à Corté à l’université à plusieurs reprises en tant que ministre de l’éducation et Robert Alberti avec Antoine Feracci en 1989

 Lionel Jospin, né le 12 juillet 1937 est un homme politique.

Diplômé de l’Institut des études politiques et de l’ENA, Lionel Jospin a entamé sa carrière politique dès la fin des années cinquante en s’engageant à l’UGS. C’est en 1971 qu’il rejoint le PS où il occupera entre autres la fonction de premier secrétaire de 1981 à 1988. Nommé ministre de la Jeunesse et des Sports, ministre d’État et de l’Éducation nationale en 1988, il devient Premier ministre en 1997, à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale souhaitée par Jacques Chirac. Lionel Jospin se présente aux présidentielles de 2002 où il est battu par le candidat du FN, Jean-Marie Le Pen. Il décide alors de se retirer de la « vie politique active ». Dans l’entourage de Martine Aubry et de François Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012, il est nommé en juillet 2012 à la tête d’une commission sur la moralisation de la vie politique.

Allocution de M. Valéry Giscard d’Estaing à Corte, le Vendredi 9 Juin 1978

VISITE OFFICIELLE EN CORSE

MON CHER MAIRE, MESDAMES ET MESSIEURS LES MAIRES, MESDAMES ET MESSIEURS LES ELUS, J’ATTENDAIS DE VOUS ENTENDRE, MONSIEUR LE MAIRE, AVEC UNE CERTAINE IMPATIENCE CAR VOTRE REPUTATION ORATOIRE EST CONNUE. DE VOTRE LONGUE HABITUDE DU PRETOIRE, DE VOTRE TRADITION DE FAMILLE, VOUS TENEZ L’ART INCOMPARABLE DU PLAIDOYER, PLAIDOYER POUR VOTRE VILLE, PLAIDOYER POUR LA CORSE INTERIEURE, PLAIDOYER POUR LA FRANCE. ET J’AI ETE TRES HEUREUX DE VOUS ENTENDRE EXPRIMER TRES SPONTANEMENT VOS SENTIMENTS PERSONNELS. D’ABORD CEUX DE VOTRE CONVICTION PROFONDE, QUI FAIT DE VOUS LE PREMIER, MAIS, HEUREUSEMENT, PAS LE SEUL, GISCARDIEN DE L’ILE.

ENSUITE, CEUX D’UN HOMME QUI COMPREND, PARCE QU’IL EST MAIRE DE LA CAPITALE HISTORIQUE DE LA CORSE, L’INTERET PROFOND DE LA COMMUNAUTE INSULAIRE SANS IGNORER LES SOLIDARITES QUI INTEGRENT LA CORSE DANS LA REPUBLIQUE. VOUS AVEZ PARLE DES PROBLEMES PROPRES A LA CORSE DE L’INTERIEUR. SI J’AI TENU A PASSER TROIS JOURS EN CORSE, PUISQUE ME VOILA AU TROISIEME JOUR DE MON VOYAGE, C’EST PRECISEMENT POUR VENIR DANS LA CORSE INTERIEURE POUR RENCONTRER DIRECTEMENT LES ELUS ET LA POPULATION. TOUT A L’HEURE JE VOUS DIRAI QU’AU-COURS DE CE VOYAGE J’AI APPRIS QUELQUE CHOSE DE FONDAMENTAL. MAIS AVANT DE TIRER CETTE CONCLUSION, J’AI OBSERVE AVEC VOUS LES DONNEES DU PROBLEME DE LA CORSE DE L’INTERIEUR.

LES GRANDS ATOUTS DE LA CORSE MODERNE QUI SONT LE LITTORAL, LE TOURISME, L’OUVERTURE SUR L’EXTERIEUR SONT UN DEFI POUR LA CORSE DES MONTAGNES EN ATTIRANT LA POPULATION VERS LA COTE. D’AUTRE_PART, IL EST DES REALISATIONS, DES INVESTISSEMENTS, DES IMPLANTATIONS, QUI DONNENT UN PEU AUX CORSES DU LITTORAL LE SENTIMENT QUE LEUR MONTAGNE POURRAIT ETRE UN REFUGE TANT ILS SONT TROUBLES PAR LA VIE MODERNE. IL Y A DONC UN VERITABLE PROBLEME DE LA CORSE DE L’INTERIEUR. CE PROBLEME COMMENT LE RESOUDRE ? VOUS AVEZ ESQUISSE UN CERTAIN NOMBRE DE PERSPECTIVES. D’ABORD, L’INSTALLATION A CORTE PROCHAINEMENT, N’EST-CE PAS MME LE MINISTRE DES UNIVERSITES ‘ALICE SAUNIER-SEITE’ ET ELUE MUNICIPALE DE LA CORSE DE L’INTERIEUR, DE L’UNIVERSITE. CETTE IMPLANTATION, NATURELLEMENT VA POSER DES PROBLEMES A LA VILLE PUISQU’IL Y AURA DES AMENAGEMENTS DES EQUIPEMENTS URBAINS D’ACCOMPAGNEMENT.

CE QUE JE SOUHAITE, MME LE MINISTRE, C’EST QUE CETTE UNIVERSITE SOIT SURTOUT UTILE POUR LES ETUDIANTS. IL NE FAUT PAS FAIRE UNE UNIVERSITE POUR LA SATISFACTION UNIVERSITAIRE, IL FAUT FAIRE UNE UNIVERSITE POUR LES JEUNES CORSES. C’EST-A-DIRE QUE CEUX QUI Y AURONT TRAVAILLE SOIENT ENSUITE APTES A EXERCER DES FONCTIONS DE HAUT NIVEAU, SOIT DANS LA VIE INSULAIRE, SOIT BIEN ENTENDU DANS NOTRE VIE NATIONALE. C’EST POURQUOI, JE SOUHAITE QUE DANS LE CHOIX DES PROGRAMMES, DES ORIENTATIONS, IL Y AIT TOUJOURS, A LA BASE,, UNE PREOCUPATION : QUE FERONT A LEUR SORTIE DE L’UNIVERSITE CES JEUNES FILLES  ET CES JEUNES GENS CORSES QUI VEULENT LEGITIMEMENT AVOIR UNE ACTIVITE, UNE RESPONSABILITE ET UN EMPLOI ?

‘DEBOUCHES’
AU-PLAN DES ORIENTATIONS GENERALES – VOUS AVEZ ADRESSE UNE FLECHE A DE TRES LOINTAINS PREFETS DE LA CORSE, CERTAINEMENT PAS A M. BURGALAT QUI M’ACCOMPAGNE, CERTAINEMENT PAS AU NOUVEAU PREFET DE LA HAUTE-CORSE ‘YVES BENTEGEAC’, CERTAINEMENT PAS A MON CONSEILLER POLITIQUE ‘JEAN RIOLACCI’ ISSU LUI-MEME DE LA HAUTE-CORSE.

IL EST TRES IMPORTANT MAINTENANT QU’UNE INFLEXION SOIT MARQUEE AU NIVEAU DES ELUS ET AU NIVEAU DES SERVICES EN DIRECTION DE LA CORSE INTERIEURE, QU’IL S’AGISSE DE LA POURSUITE DE LA POLITIQUE D’EQUIPEMENT, EN-MATIERE ROUTIERE NOTAMMENT, QU’IL S’AGISSE DE L’EFFORT DE MISE EN VALEUR AGRICOLE AU-PROFIT DE L’ELEVAGE EN PARTICULIER, QU’IL S’AGISSE DE LA  RECHERCHE DE FORMULES DE TOURISME ASSOCIANT LA PROTECTION DES SITES ET LE PROGRES DU NIVEAU DE VIE DES POPULATIONS.

L’EFFORT DE RENOVATION RURALE EST ENGAGE : IL DEVRA SE POURSUIVRE. JE SUIS CONVAINCU QUE LA SOMIVAC SOCIETE DE MISE EN VALEUR DE LA CORSE EST PRETE A LE DEVELOPPER DANS VOTRE REGION.

LES PERSPECTIVES QUE J’AI OUVERTES, HIER, A AJACCIO EN DIRECTION DE L’ARTISANAT, DOIVENT EGALEMENT S’APPLIQUER, ME SEMBLE-T-IL, LARGEMENT A LA CORSE DE L’INTERIEUR. ENFIN, M. LE MINISTRE DE L’INTERIEUR ‘CHRISTIAN BONNET’, IL FAUT QUE VOUS PENSIEZ, AVEC VOS COLLEGUES DU GOUVERNEMENT, A METTRE CHAQUE JOUR EN APPLICATION CETTE ORIENTATION QUE J’AVAIS FIXEE L’ANNEE DERNIERE DANS UNE MONTAGNE A VALLOUISE, QUI EST CELLE DU MAINTIEN DES SERVICES PUBLICS EN ZONE RURALE DIFFICILE. JE SAIS QUE CELA ENTRAINE UN CERTAIN SURCOUT POUR LES SERVICES, JE SAIS QUE CERTAINS FONCTIONNAIRES PREFERENT ETRE REGROUPES DANS DES CENTRES PLUS IMPORTANTS. MAIS IL NE FAUT PAS OUBLIER LA NOTION DU SERVICE PUBLIC.

LE SERVICE PUBLIC EST FAIT POUR LES POPULATIONS : IL DOIT DONC CONTINUER A S’EXERCER TRES LARGEMENT SUR_PLACE ; C’EST VRAI POUR L’EDUCATION, POUR L’EQUIPEMENT, POUR LA SECURITE

UN DEUXIEME ASPECT QUE J’EVOQUERAI EN PRESENCE DU PRESIDENT GIACOBBI, C’EST LE PARC REGIONAL. PARCE QUE JE CROIS QUE CE PARC REGIONAL CONSTITUE UN EXEMPLE DE CE QUI PEUT ETRE ENTREPRIS POUR ASSURER LE DEVELOPPEMENT DE LA CORSE INTERIEURE. CET ETABLISSEMENT PUBLIC S’ETEND SUR 70 COMMUNES DONT PLUSIEURS DANS LE CORTENAIS ET RECOUVRE ENVIRON 200 000 HECTARES. LA NATURE L’A DOTE A L’ORIGINE D’UN CERTAIN NOMBRE DE RESSOURCES NATURELLES SUPERBES ET D’AILLEURS INCONNUES EN DEHORS DE L’ILE, NOTAMMENT VOTRE PATRIMOINE FORESTIER, RICHE DE MAGNIFIQUES ESSENCES. MAIS LE MERITE DES ANIMATEURS DU PARC REGIONAL, C’EST D’AVOIR SU ASSURER L’ASSOCIATION DE PARTENAIRES DIVERS DANS UN DESSEIN CONCRET, PUISQUE TOUS VOUS AVEZ ETE AMENES, D’UNE MANIERE OU D’UNE AUTRE, A PARTICIPER A SA MISE EN PLACE. CE N’EST PAS FACILE DE CONCILIER SUR LE TERRAIN LES DEUX EXIGENCES QUE JE RETROUVE PARTOUT AU-COURS DE MON VOYAGE EN CORSE, QUI SONT LA PROTECTION DU CADRE NATUREL ET LES NECESSITES DU DEVELOPPEMENT. C’EST PAR CONSIDERATION DE CES DEUX PROBLEMES QUE VOUS POURREZ ASSURER LE DEVELOPPEMENT DE LA CORSE INTERIEURE. JE DIS VOLONTIERS QUE CE QUE VOUS FAITES ICI, A UNE VALEUR D’EXEMPLE POUR BEAUCOUP D’AUTRES PARC REGIONAUX. ON PEUT EN DEGAGER DES LECONS QUI SONT VALABLES POUR L’ENSEMBLE DE NOTRE PAYS. C’EST POURQUOI IL CONVIENDRA QUE L’AIDE DE LA COLLECTIVITE NATIONALE CONTINUE A VOUS ETRE APPORTEE.

JE TIRERAI TOUT A L’HEURE DEVANT LES JOURNALISTES QUI ME POSERONT DES QUESTIONS LES LECONS DE CE VOYAGE EN CORSE. VOUS ME DISIEZ, MONSIEUR LE MAIRE, QUE VOUS VOUS REJOUISSIEZ DE PENSER QUE J’ETAIS VENU EN EFFET ECOUTER ET RENCONTRER LES CORSES. L’ACCUEIL DE LA POPULATION DE VOTRE VILLE, COMME L’ACCUEIL IL Y A QUELQUES HEURES DE LA VILLE DE CALVI M’ONT BIEN MONTRE QU’ILS N’Y AVAIT PAS D’AMBIGUITE DANS L’ESPRIT DES CORSES. IL N’Y EN A PAS SUR L’ORIENTATION FONDAMENTALE QU’ILS VEULENT VOIR APPLIQUER DANS LEUR ILE : RESOUDRE LES DIFFICULTES ECONOMIQUES ET SOCIALES AU-SEIN DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE. LA POPULATION DE CORTE NE SE SERAIT PAS DERANGEE POUR VENIR SUR MON PASSAGE AVEC NON SEULEMENT SA PRESENCE, MAIS SES GESTES, SES SOURIRES, SES GRAINS DE RIZ, SES PETALES, SI ELLE N’AVAIT PAS QUELQUE CHOSE A EXPRIMER. JE COMPRENDS MIEUX QUE LA CORSE, CE N’EST PAS LE PROBLEME DE LA CORSE, CE SONT LES PROBLEMES DE LA CORSE DUS A LA DISLANCE, A L’INSULARITE, A LA DIFFICULTE DU SOL, A CELLE DE SES COMMUNICATIONS INTERIEURES, A LA TRADITION D’EXPATRIEMENT, AUJOURD’HUI MODIFIEE, DE SES FILS DANS LES POSSESSIONS FRANCAISES DE JADIS. TOUT CECI A CREE DES PROBLEMES. CE QUE LES CORSES ATTENDENT, C’EST QU’ILS SOIENT RESOLUS DANS UN ESPRIT MODERNE DE PROGRES ET DE JUSTICE. CE SONT CES PROBLEMES QUE LE GOUVERNEMENT REGLERA AVEC LE CONCOURS DES ELUS MUNICIPAUX, CANTONAUX ET LEGISTATIFS DE LA CORSE. CAR LA FORME MODERNE DE L’ACTION EN COMMUN, C’EST PRECISEMENT D’ETUDIER EN COMMUN DES PROBLEMES, DE RECHERCHER EN COMMUN DES SOLUTIONS AILLEURS QUE DANS LES DONJONS DE L’ADMINITRATION CENTRALE

MESDAMES, MESSIEURS, JE REGARDE LE DECOR DE VOTRE MAIRIE. J’AI RENCONTRE UNE FOIS UN PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A CHAMALIERES. IL M’AVAIT DIT : « VOUS AVEZ A CHAMALIERES LA PLUS BELLE MAIRIE DE FRANCE ». CELA PROUVE QUE LES PRESIDENTS DE LA REPUBLIQUE N’ETAIENT PAS VENUS A CORTE. VOUS AVEZ UNE PLUS BELLE MAIRIE QUE N’ETAIT LA MIENNE. SUR SES MURS, VOUS AVEZ PRIS LE SOIN D’ECRIRE UNE DEVISE ; CETTE DEVISE IL NE FAUT PAS LA PRENDRE AU SENS ETROIT, IL FAUT LA PRENDRE AU SENS LARGE : « FORTI SAREMU SI SAREMU UNITI »,  »NOUS SERONS FORT SI NOUS RESTONS UNIS ». VIVE CORTE, VIVE LA CORSE, VIVE LA FRANCE.

Extrait du Monde sur l’université

Corté, symbole de la corsitude

 

« Corte la belliqueuse (…) est une merveille de pittoresque, une des perles de la Corse. » Ces lignes, extraites d’un ouvrage de 1937, sont au diapason de l’enthousiasme qu’a toujours suscité chez les voyageurs la cité ancrée à flanc de montagne, par niveaux successifs. Comme si ses bâtisseurs s’étaient inspirés des cultures en terrasses de leurs voisins paysans pour imaginer ce labyrinthe de venelles et d’escaliers qui ouvrent sur des placettes tranquilles, ces porches obscurs et frais, ces rues bordées de hautes maisons de pierre aux façades percées de fenêtres à jalousies.

L’exposition « La Corse et le tourisme, 1755-1960″, organisée à Corte, au Musée régional, porte témoignage de cet enthousiasme. Avant de s’achever avec la naissance du tourisme de masse, pour laisser un « temps d’analyse et de recul », comme le dit Rémi Froment, secrétaire général du musée, cette exposition ramène souvent à la ville elle-même, à travers les clins d’oeil de l’histoire.

Corte, ainsi, est aujourd’hui « le coeur de la fréquentation du Centre-Corse », selon la formule du directeur de l’office du tourisme Jean-Felix Acquaviva, après avoir été une éphémère capitale politique au XVIIIe siècle. Les touristes modernes, séduits par ses sites naturels, renouent sans le savoir avec l’émerveillement de leurs devanciers du XIXe, devant la majesté du cirque de montagnes qui l’encercle.

Ils s’inscrivent aussi, lorsqu’ils randonnent sur ses sentiers, dans les pas de leurs prédécesseurs du début du XXe siècle. A l’époque, des alpinistes, souvent allemands ou autrichiens, ouvraient des voies nouvelles vers les sommets de l’île, sous l’oeil dubitatif des habitants…

Plus tôt encore, les tout premiers touristes, ceux de la fin du XVIIIe siècle, accouraient non pour les paysages – qui n’intéressaient alors personne -, mais pour rencontrer… des indépendantistes. C’est leur chef, Pascal Paoli (1725-1807), qui a fait de Corte sa capitale. Paoli s’inspire des Lumières. Admiré par Jean-Jacques Rousseau et Voltaire, il est le général en chef et le « président » de l’île, pendant ses seules années de souveraineté, de 1755 à 1769. Il déclenche dans toute l’Europe une vague de curiosité, suivie de nombreuses visites dans l’île.

Aujourd’hui, « l’impact touristique de Pascal Paoli est faible », reconnaît Xavier Poli (div. droite), premier adjoint au maire de Corte et président de la communauté de communes du Centre-Corse. Seuls 20 % des visiteurs de l’office du tourisme ont une démarche culturelle et patrimoniale, précise M. Acquaviva. Pourtant, Corte, qui reste pour les insulaires le symbole de l’aventure corse, mérite amplement d’être visitée pour elle-même.

Au coeur géographique de l’île, à la rencontre des trois vallées du Tavignano, de la Restonica et de l’Orta, elle est un verrou sur le passage est-ouest, à travers l’épine dorsale montagneuse.

Sa vocation militaire était donc évidente. Aujourd’hui comme hier, la citadelle est la vedette de la cité : ses visiteurs ont toujours été bluffés par le vertigineux « nid d’aigle » du XVe siècle, en équilibre sur la pointe d’un éperon rocheux, qui s’élève comme une falaise verticale et étroite au-dessus de la ville. Ce fortin de légende se visite toujours. Après leur victoire de 1769 contre Paoli, les Français l’ont entouré de casernes, de murailles, et d’un glacis à la Vauban. C’est dans cet ensemble que le musée de Corte trouvera sa place, à une portée de fusil du nid d’aigle.

En descendant du musée et de la citadelle, le visiteur revient, par la haute ville, vers le centre et la ville contemporaine. A moins qu’il ne préfère, au contraire, couronner l’ascension de ces ruelles vénérables par les points de vue grandioses qu’offrent le nid d’aigle ou le belvédère qui lui fait face.

Bâtie entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la haute ville dégringole les pentes jusqu’à la frontière que marque le cours Paoli, principale artère de la ville. Escaliers et pans inclinés sont pavés, soit de galets de granit roulés par les eaux du Tavignano et de la Restonica, soit de petites dalles de schiste. Ils cohabitent avec le pavage en « marbre de Corte », sur l’escalier qui mène au nid d’aigle.

La haute ville offre un exemple préservé d’architecture rudimentaire de la Méditerranée, « entre la ville et le village », résume Jean Cancellieri, président de la société historique de Corte. Elle est aussi « une évocation de l’austérité, et parfois de la misère des genres de vie passés », ajoute-t-il.

Le pittoresque de la haute ville est d’autant moins surfait que la cité et ses habitants ne sont toujours pas riches. La modestie de leurs revenus, conjuguée au fléau de l’indivision, a souvent, depuis des décennies, conservé « dans son jus » la haute ville.

Depuis 2001 toutefois, la nouvelle municipalité accorde des subventions, qui ont permis d’amorcer un mouvement de réhabilitation, notamment sur le cours Paoli. Ces vieilles demeures, rendues encore plus sévères par les murs de schiste noir et les toits de lauzes, sont parfois très imposantes malgré leur décrépitude : sortes de « casernes hors de la citadelle », selon l’expression de M. Cancellieri, elles ont souvent été agrandies ou surélevées au XIXe siècle, pour loger des militaires.

Entre les murailles de la citadelle et la haute ville, le Palais national, bâtiment massif où Paoli avait installé son gouvernement, est aujourd’hui partagé entre la médiathèque municipale et le département d’études corses de l’université. Fondée par le grand homme, celle-ci a été rouverte en 1981. Avec ses quelque 6 600 habitants (sans les étudiants ni les touristes), Corte est ainsi la plus petite ville universitaire de France. Même si, faute de logements adaptés, la cité se désole de ne pas pouvoir retenir les universitaires au-delà des jours de cours.

La population estudiantine rajeunit cette vieille dame et l’anime, en particulier sur le cours Paoli : les bars branchés voisinent avec les maisons antiques, les chants polyphoniques avec les musiques rythmées.

La statue du général en chef trône sur la place qui porte son nom, au bout du cours. Un autre héros de l’indépendance, Jean-Pierre Gaffori (1704-1753), a sa place et sa statue, juste devant la maison de sa famille, qui porte toujours de nombreux impacts de balles, traces du passé tumultueux de la ville.

Le nom du « Babbu di a patria » (le père de la patrie) se retrouve encore sur les devantures de quelques bars ou restaurants. Mais Paoli n’est pas Napoléon : ni bibelots ni vaisselle à son effigie. En 2007, le bicentenaire de sa mort devrait rendre plus visible son empreinte sur Corte. Quant à rajeunir les façades de la haute ville, c’est une autre histoire…

Jean-Louis Andreani

Article paru dans l’édition du 28.10.06

Monsieur Giscard à la Mairie de Corte

 

 

 

Giscard - Università 001

 

9 juin 1978, Valery Giscard d’Estaing est accueilli à la mairie par Maitre Michel Pierucci et le conseil municipal.  Est présenté la maquette de la future université de corse à Corte ainsi que décidé dans le décret de novembre 1975. Valery Giscard d’Estaing accompagné d’Alice Saunier-Seïte, secrétaire d’Etat aux universités originaire de Galeria du fait de son mari. On se souvient que l’université fut finalement ouverte en octobre 1981.

 

Monsieur Michel Pierucci: ouverture de l’université de Corse à Corté

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur le Maire Michel Pierucci et Jacques Brighelli, Président de l’université, sur le campus en 1982

PIERUCCI Michel (3) (Copier)

Les débuts de l’université de Corse

 

Les débuts de l’université de Corse

Depuis longtemps, mûrissait l’idée de fonder en corse une université afin de retenir dans leur pays tous les jeunes bacheliers qui allaient chercher les cours sur le continent ou en Italie.

Créée dans un premier temps en 1765, par l’illustre général Pasquale Paoli, au cœur de la ville de Corti, alors capitale de la Corse indépendante (1755-1769), c’est avec la Révolution de Corse que les insulaires revendiquent avec force l’implantation d’une université en Corse.

Dès le mois d’avril 1731, les délégués corses réunis à la « consulta » de Vescovato préconisent la création dans l’île d’un collegio di studenti ».En 1736, lors du couronnement de Théodore de Neuhoff, l’exigence pour le nouveau royaume d’une université publique et d’un enseignement du droit et de la philosophie surgit dans le quinzième article qu’il est convenu de désigner sous le nom de constitution d’Alesani. En janvier 1756, le clergé corse réuni à Venzolasca réitère le souhait d’introduire dans l’île une « università di scienze. »

Jean-Jacques Rousseau proclamait que l’Etat doit organiser l’instruction, qui sera égale et obligatoire pour tous.en 1763, une commission constituée de neuf personnalités se penche sur les modalités de mise en œuvre de l’université. Pasquale paoli souhaitait que l’université de Corse s’inspire des grandes facultés européennes.en décembre 1763, les « Ragguagli dell’isola di Corsica », journal officiel de la Nation Corse, annoncent fièrement que la capitale insulaire s’apprête à recevoir une université publique de toutes les sciences, sur le modèle des meilleures universités continentales.

L’inauguration de l’université a eu lieu le 3 janvier 1765 en présence de toutes les autorités corses et les cours ont débuté le 7 janvier suivant.l’année universitaire se déroule sur huit mois, de novembre à juin dans les locaux de la Casa Rossi. Le père Francesco Antonio Mariani, comme recteur, assume la direction de l’université de Corse.

Pascal paoli, homme des Lumières, a pour la jeunesse corse de grandes ambitions : donner à chacun les possibilités d’un développement harmonieux et complet, la liberté par le savoir et l’exercice de la pensée. Selon Paoli, il est important de donner à la Corse des cadres dirigeants.

C’est au moment où l’université allait produire ses premiers fruits que la défaite corse face aux soldats du roi de France allait la réduire à néant.Les derniers examens eurent lieu en mai 1768. Après cette conquête française de la Corse, malgré les demandes répétées des représentants insulaires, Versailles et paris ne manifestèrent guère le souhait de garder ouverte l’Université de Corse.

Réouverture de l’université 

Comme l’a annoncé M.Pierre Ferrari, recteur de la Corse, dans sa conférence de presse du 18 septembre 1980, l’université ouvrira ses portes en novembre 1981 sous l’influence d’une vaste mobilisation populaire. Aux difficultés de tous ordres, elle oppose durant des années la motivation sans faille de chacun des membres de la Communauté universitaire, ce qui lui permet d’aller toujours plus de l’avant.Ce n’est réellement qu’au début des années 1990 que l’université atteindra la stabilité et commencera à être reconnue en tant que telle.Enfin, elle souffre d’une regrettable désaffection au sein de la jeunesse corse qui continue à lui préférer les universités du continent (Aix-Marseille en tête).

 Se sont environ 4.000 étudiants qui suivent chaque année les cours dispensés à Corté, les filières restreintes au départ se sont peu à peu multipliées et l’Université dispense désormais des enseignements dans plusieurs matières : histoire, droit, langues étrangères, sciences économiques, mathématiques, STAPS, chimie et désormais médecine (1e année). Autant de matières, autant plus d’enseignants de haut niveau reconnus par leurs pairs.

Les bâtiments de l’Université de Corse sont installés sur deux campus principaux, Mariani (ex Caraman) et Grimaldi (ex Grossetti). Les étudiants ont accès à différents services et équipements:bibliothèque universitaire, division de la vie étudiante et scolarité, service d’information et d’orientation, service social et de médecine préventive, service universitaire des activités physiques et sportives, centre culturel universitaire, salle de spectacle, salles informatiques, Halle des Sports…Le CROUS de Corse offre un large choix de résidences universitaires. Situées sur les deux campus, où à proximité, ces chambres ou studios sont équipés ( kitchenette, balcon… )