La collection Fesh à Corté au Palazziu Naziunale

L’histoire des toiles 

AU COLLEGE PAOLI (PALAIS NATIONAL)

Les anciens élèves du Collège Paoli, actuellement Palais National, se souviennent que de grandes toiles décoraient les salles de classe…

 Un de mes amis de l’époque m’a dit récemment : « eranu mascheroni … « , c’est à dire qu’elles n’étaient pas déjà en bon état. On les voyait tous les jours mais on n’y prêtait guère attention, et je n’ai pas souvenir qu’on nous ait une fois ou l’autre donné quelques explications sur ces toiles. Mais nous ignorions qu’elles faisaient partie avec deux toiles de la Mairie Place Paoli, d’un ensemble plus important entreposé on ne savait où.

En 1921, le Collège Paoli ferme ses portes, il paraît que les planchers menaçaient ruine… Nous sommes restes plusieurs semaines sans cours, puis le Collège fut transféré au Séminaire (plus tard Caserne Grossetti, maintenant dépendance universitaire). Mieux que tout autre, ce bâtiment avec ses longs corridors et ses vastes salles en enfilade sur trois niveaux, se serait prêté à l’installation d’un musée sans gêner les classes. Mais les toiles n’y furent pas transférées. Alors, elles commencèrent « une traversée du désert » de plusieurs années, un désert fait d’obscurité, de poussière et d’abandon. Les salles de classe vidées, différents organismes s’y installèrent : le centre mobilisateur (jusqu’en 1940). Centre militaire d’habillement et de cordonnerie de 1944 à 1945. La société de musique (la Cortenaise) de 1952 à 1954. La bibliothèque municipale et le musée d’histoire de la Corse.

 LE MUSEE D’HISTOIRE CORSE

 Si l’on excepte la période de la Bibliothèque Municipale et celle où retentirent dans la grande salle du rez de chaussée les répétitions de la Cortenaise, le Palais National se tint alors souvent éloigné du domaine des Arts et de la Culture. Mais il allait y revenir car en 1950, Madame Leblanc, épouse du Conservateur du Musée Fesch à Ajaccio entreprit d’y organiser un musée. Le musée « d’histoire Corse » fut inauguré le 27 avril 1952, les toiles Fesch y furent exposées et différents documents relatifs à l’histoire de la Corse. Une nouvelle manifestation eut lieu le 24juillet 1955, pour une deuxième inauguration. Ce musée dura quelques années.

Un gardien s’y était logé. L’épouse de ce gardien dit y avoir passé au musée une quinzaine d’années. Une pancarte à l’entrée nord de la ville le signalait. Mais il périclitera; certains visiteurs de l’époque se souviennent de l’état de délabrement des murs et des plafonds infiltrés par l’eau de pluie. La municipalité s’en désintéressera à cause peut-être, de l’importance des travaux à réaliser.

 En 1974, quand Mademoiselle Roche qui a succédé à Monsieur Leblanc, vint retirer des objets prêtés par le musée Fesch, elle le trouva fermé. Elle dit avoir eu une mauvaise impression de l’état des salles et des toiles.

 En 1976, débutent les travaux de restauration du Palais National. Alors, s’ouvre la période la plus dramatique de l’histoire de ces toiles. Monsieur Rinieri entrepreneur de travaux dit les avoir vues dans la grande salle du premier étage. Laissées sans surveillance, déplacées au gré des travaux, elles finirent par échouer dans les combles, ou on a eu du mal à les retrouver.

LE SAUVETAGE

 Le nouveau maire, le Docteur Jean-Charles Colonna, issu des élections de 1983 se préoccupa de sortir de l’ombre ces trésors artistiques et en envisagea la restauration. Les toiles furent transportées dans lin local propre et bien fermé attenant au tribunal par tes soins de Monsieur Santa Maria Président de la commission municipale de la culture. Alors commence pour les toiles si longtemps abandonnées, mis à part l’épisode louable mais sans lendemain du musée une période nouvelle, celle du sauvetage. Le mérite de ce sauvetage reviendra à Mademoiselle Roche, Conservateur du musée Fesch d’Ajaccio, Monsieur Prévost- Marcillacy Inspecteur des. Monuments Historiques. Monsieur Ottaviani Conservateur des objets d’Arts et d’Antiquités de la Haute Corse, qui ont donné les directives indispensables et au mair de Corte, le Docteur Jean-Charles Colonna qui a tenu à suivre ces directives avec ces collaborateurs dans ce domaine, Madame Mathilde Colonna, Mademoiselle Martine Bellinoti et Monsieur Jean Muracciole.

LE TESTAMENT DU CARDINAL FESCH

 Que savait-on alors de ces toiles à Corte ? C’était la Collection Fesch sans plus. Pour avoir des renseignements il fallait donc s’orienter vers le Cardinal Fesch (1763-1839) demi-frère de Laetitia Bonaparte et oncle germain de l’Empereur Napoléon 1er. Il a été reconnu comme le plus grand collectionneur de son temps. A sa mort on a dénombré 1600 tableaux et objets d’art. A la bibliothèque municipale d’Ajaccio, on m’assure que les archives départementales détiennent un exemplaire du testament du Cardinal. Je m’y rends et on me permet de consulter ce volumineux et impressionnant document.

 Rédigé en italien, sur un papier vieux de plus d’un siècle et demi. il est d’une lecture malaisée et d’ailleurs le passage relatif à la dévolution des biens du Cardinal me semble touffu. Mademoiselle Roche, Conservateur du Musée Fesch d’Ajaccio vient à mon aide en me signalant le livre d’Hélène Colombani, « Le Cardinal Fesch », où se trouve une traduction partielle du testament du Cardinal et en me faisant parvenir la préface de l’ouvrage de Dominique Thiébaut « Musée Fesch: les primitifs Italiens ».

 Il résulte de ces lectures que de sa fabuleuse collection de tableaux et objets d’art, le Cardinal a fait trois parts:

 La première comprend toutes les œuvres : copies, esquisses, bustes, tableaux représentants certains membres des familles Fesch et Bonaparte. Ainsi que quelques tableaux, crucifix et Dustes dont le chiffre d’ensemble pourra aller jusqu’à 1000.

 La deuxième comprend les tableaux, qui ne sont pas compris dans la première, qui dépasse le chiffre de 1000 et qui ne conviennent pas à la « Grande Galerie « .

 Les deux parts sont attribuées à l’Établissement que le Cardinal fait construire à Ajaccio (actuel Palais Fesch) pour l’instruction et l’éducation de la jeunesse Corse.

 La troisième part est constituée par sa « Grande Galerie » « suffisamment connue ». Est destinée à ses neveux: Joseph, Lucien, Jérôme, Louis, dans une proportion qui est précisée car il y a d’autres legs. Il n’y a rien en faveur de Corte dans ce testament. L’origine de la collection de Corte se trouve dans le texte de Dominique Thiébaut.

 Les renseignements qui vont suivre proviennent de la lecture de ce texte.

 INTERVENTION DE JOSEPH BONAPARTE

 Le cardinal meurt le 13 mai 1839. Joseph Bonaparte (ex. roi d’Espagne, alors Comte de Survilliers) conteste la légitimité du legs Ajaccien en faisant valoir que l’établissement n’est pas terminé. Des juristes sont consultés en 1841 et 1842, les uns donnent raison à la ville, les autres à Joseph. La ville d’Ajaccio, pour éviter un procès, envoie en Italie auprès de Joseph un de ses amis personnels, le Chevalier A. Ponte et une transaction est conclue datée du 1er septembre 1842, approuvée par l’ordonnance du roi Louis Philippe du 15 mars 1843.

 C’est dans cet acte de transaction qu’est fait à la ville de Corte un don de 50 tableaux. Voici le passage de l’acte à cet égard : « Monseigneur le Comte de Survilliers voulant que les autres villes et communes de la Corse jouissent en quelque sorte de ces libéralités, impose à la ville d’Ajaccio … la charge de disposer de trois cents tableaux … de la manière suivante, savoir :

 - en faveur de la ville de Bastia de 100 tableaux …

 - à la ville de Corte, 50 tableaux qui seront placés en son « Ecole Paoli »…

 - le restant des dits tableaux en faveur des autres communes de la Corse, à partager entre elles en proportion de leur population. Les tableaux seront placés dans les palais communaux et ceux à sujets sacrés dans les églises.

 Et de fait, il y a dans les archives de la mairie à Corte deux délibérations; l’une n°8 non datée mais qui se situe entre le 3 juillet 1842 et le 2 novembre 1842. Cette délibération est une adresse de remerciement au Roi Joseph pour son don de 50 tableaux.

 La deuxième délibération datée du 19 novembre 1842 confirme au Préfet de la Corse, qui a posé la question que le conseil municipal accepte « le legs » de 50 tableaux que son « Éminence le Cardinal Fesch » a fait à la ville de Corte. La comparaison de ces deux délibérations fait apparaître qu’il s’agit d’un seul don et que « le legs » du « Cardinal Fesch » est plus précisément lin don de Joseph Bonaparte à partir de la succession de son oncle.

 L’acte de transaction précise que les tableaux de Corte seront placés « dans son Ecole Paoli ». Ils y furent disposés puisque c’est là qu’on les a retrouvés, mis à part deux tableaux (« Personnage féminin entre le Pape et l’Empereur » – « Scène de bataille ») qu’on voyait dans la salle d’entrée de la mairie place Paoli et qui furent déménagés jusqu’à la mairie actuelle.

 50 TOILES POUR CORTE

 La collection compte 22 toiles, avec les toiles des églises (taie à l’église de l’Annonciation, six à la Chapelle Sainte Croix), on arrive au chiffre de 29. En tenant compte de la disparition de 3 toiles dont nous parlons plus loin on arrive au chiffre de 32 et on reste loin du compte.

 Le lot de 50 toiles est-il arrivé entièrement à Corte; on manque de renseignements.

L’histoire de la restauration

LE CLASSEMENT

 C’est un peu par hasard que j’ai été amené à m’occuper de la Collection Fesch.

 Dans mes années au Collège Paoli je n’y avais guère prêté attention. Mais la fréquentation des Musées et des Galeries d’Expositions m’avait rapproché des œuvres peintes. Je lus un jour dans « Corse Matin » un article sur les toiles « magistrales » dont la ville est propriétaire et dont le maire envisage la restauration. Le souvenir du Collège Paoli me revient avec insistance.

 Madame Mathilde Colonna anime alors en l’absence du Président, la commission municipale et extra-municipale de la Culture et se passionne pour les toiles Fesch et entend les sauver.

 Je lui demande de voir ces toiles, elle accepte de me donner les clefs du local et je m’y rends. J’ai du mal à manipuler les toiles qui sont grandes et assez lourdes mais je les vois suffisamment pour me rendre compte qu’elles sont en mauvais état. J’en parle à Madame Colonna qui me fait prendre connaissance d’une lettre datée du 27 mars 1984 dans laquelle l’Inspecteur Principal des Monuments Historiques, Monsieur Prévost-Marcillacy donne l’inventaire établi en février 1983 et attire l’attention du maire sur l’intérêt de la collection en lui conseillant de la restaurer. Il indique la marche à suivre en vue de la restauration:

-Classement des toiles comme Monuments Historiques, ce qui aura pour conséquence une participation de l’État dans les frais de restauration dans la proportion des 50%.

-Appel à Madeleine Allegrini, restauratrice agréée par les Monuments Historiques.

 Nous décidons de passer à l’action. Le maire a profité du passage à Corte, en août 1985, de Monsieur le Directeur du Musée de Stockholm et lui a demandé de voir les toiles. L’avis de cette haute personnalité qui a conseillé la restauration renforce le maire dans sa détermination.

En octobre 1985 par lettre adressée à Monsieur ottaviani, Conservateur des Objets d’Arts et Antiquités de la Haute Corse, il demande le classement des toiles. Le classement sera fait en avril 1986 par la Commission Départementale de classement des Objets Mobiliers. L’arrêté ministériel en date du 11 avril 1988 confirmant ce classement parviendra par la suite au maire.

 Il est fait appel à Madeleine Allegrini. Cette artiste est installée à Calenzana et à Calvi. Sa formation l’a menée de l’Ecole des Arts Décoratifs de Nice (2 ans) à l’Academia di Belle Arti di Firenze (1972-1974) où elle a étudié la scénographie et où elle commence à s’intéresser à la restauration des œuvres d’art. A l’Université de Paris, elle a obtenu un DEUG d’Histoire de l’Art Archéologique, un certificat préparatoire à la maîtrise de Sciences Techniques et la maîtrise de Sciences Techniques: conservation et restauration des œuvres d’art, des objets et sites archéologiques et ethnologiques (1974-1977). Elle a complété sa formation par des stages, l’un à Rome à l’Institut Central de Restauration en 1979 ; l’autre à Bruxelles à l’Institut Royal du Patrimoine en 1980.

 Elle s’est inscrite à la Chambre des Métiers et a obtenu l’agrément des Monuments Historiques en 1982. Madeleine Allegrini vient les 30 octobre 1985 et 05 décembre 1985 photographier les toiles. Ces photos sont indispensables comme pièces justificatives des travaux. Par comparaison avec l’inventaire de février 1983, établi par Monsieur Prévost-Marcillacy, dont elle a eu connaissance, elle s’aperçoit que trois toiles ont disparu. Elle identifie ces toiles « Visage de Femme « . « Scène Nautique « , « Nature Morte Napolitaine « .

 Le maire est prévenu, on se perd en conjectures sur la date et les circonstances de cette disparition. Elle ne peut pas avoir eu lieu au local du tribunal qui présente des conditions complètes de sécurité mais certainement au Palais National à l’époque où les combles étaient ouverts à tous, pendant et après les travaux. Des recherches furent effectuées. Madame Colonna monta elle-même dans les combles, en vain. On retrouvera néanmoins une toile dans la Bibliothèque du Centre d’Étude Corse, proche des combles. Cette toile a été transportée à la Citadelle pour rejoindre l’ensemble de la collection.

 L’EXPERTISE

 En mai 1986, une équipe de spécialistes est venue examiner la collection. Elle était composée de :

 Madame Viatte, Conservateur en Chef des Peintures et Arts graphiques au Musée du Louvre, Madeleine Allegrini vient les 30 octobre 1985 et 05 décembre 1985 photographier les toiles. Ces photos sont indispensables comme pièces justificatives des travaux.

 Par comparaison avec l’inventaire de février 1983, établi par Monsieur Prévost-Marcillacy, dont elle a eu connaissance, elle s’aperçoit que trois toiles ont disparu. Elle identifie ces toiles « Visage de Femme « . « Scène Nautique « , « Nature Morte Napolitaine « .

 Le maire est prévenu, on se perd en conjectures sur la date et les circonstances de cette disparition. Elle ne peut pas avoir eu lieu au local du tribunal qui présente des conditions complètes de sécurité mais certainement au Palais National à l’époque où les combles étaient ouverts à tous, pendant et après les travaux. Des recherches furent effectuées. Madame Colonna monta elle-même dans les combles, en vain. On retrouvera néanmoins une toile dans la Bibliothèque du Centre d’Etude Corse, proche des combles. Cette toile a été transportée à la Citadelle pour rejoindre l’ensemble de la collection.

 L’EXPERTISE

 En mai 1986, une équipe de spécialistes est venue examiner la collection. Elle était composée de :

 -Madame Viatte, Conservateur en Chef des Peintures et Arts graphiques au Musée du Louvre,

-Madame Volle. Conservateur du Musée Longchamp de Marseille.

-Monsieur Habert, Conservateur du Département des peintures au Musée du Louvre,

-Monsieur Arnaud-Brejon de Lavergnée. Conservateur en Chef du Musée de Lille.

 Cette mission était guidée par Monsieur Prévost-Marcylacci Inspecteur des Monuments Historiques et par Monsieur Ottaviani Conservateur des Antiquités à Bastia et accueillie par Rémy Froment et Jean Muracciole.

 Nous avons vécu une matinée mémorable et avons eu une double révélation. Nous avons appris que la Collection Fesh de Corte n’était pas constituée de toiles de rebut mais qu’elle était intéressante dans son ensemble et que certaines toiles étaient dignes du Musée du Louvre.

 Voici quelques commentaires de Monsieur Habert :

 « Suzanne et les deux vieillards » : « très intéressant ».

« Portrait d’homme en armure » : « très bien ».

« Nature morte Napolitaine » : « bien ».

« Marchande de poissons » : « premier plan passionnant ».

« Loth et ses filles » :  « très intéressant ».

« Scène d’hommage » : « très bon ».

« Concert » : « très bon ».

« Scène de bataille » : « premier plan ».

« Chasse au loup » : « très intéressant ».

« Personnage féminin entre le Pape et l’Empereur » : « première qualité ».

 Nous avons reçu l’assurance que la toile « Portrait d’homme en armure » manquait à une collection de 4 toiles du même peintre et sur le même sujet dont deux sont à l’Académie Slovène à Ljubljana et une au « National Gallery of Irland » à Dublin.

 En raison de cette particularité et de sa qualité cette toile sera restaurée en priorité et choisie par Monsieur Prévost-Marcillacy pour participer à une exposition de toiles du XVIIIème siècle Italien au musée de « La Vieille Charité » à Marseille.

 Elle a eu du succès et les honneurs d’une grande photographie dans le beau catalogue de cette exposition, ainsi qu’un article de Monsieur Habert où l’on apprend que « Portrait d’homme en armure » ne représente pas un personnage réel mais qu’il s’agit d’un portrait imaginaire et que la légende inscrire sur la toile relate des faits guerriers réels auxquels le peintre fait participer son héros imaginaire.

 LA RESTAURATION

 Madeleine Allegrini viendra le 7 mars 1988 et le 6 août 1988 prendre douze toiles. En juin 1990 elle reviendra prendre trois autres toiles.

 - Avril 1986 : date du classement.

 -Mars 1988 : départ des premières toiles.

 Ce délai de deux ans nous a semblé assez long; mais il a été rempli par les formalités administratives indispensables qui aboutirent à la restauration proprement dite, avec des attentes inévitables. Quand une tranche de travaux est décidée, le devis de la restauratrice est lu première pièce du dossier. 11 doit être approuvé par l’Inspecteur des Monuments Historiques, donc envoyé à Montpellier (et même à Paris). Une convention doit être signée entre le Préfet de Région et le maire de Corte pour rendre effective la participation de l’Etat.

 Les deux documents servent de base à une demande de subvention à l’Assemblée Territoriale de Corse.

 Il manque alors au dossier un dernier document. L’ordre de service émanant de l’Inspecteur des Monuments Historiques autorisant la restauratrice à venir retirer les toiles. C’est avec impatience que nous avons attendu le premier ordre de service tant était vif notre désir de voir les toiles partir pour l’atelier.

 Rémy Froment à Ajaccio, était chargé de suivre l’affaire et de nous renseigner. Enfin il téléphone un soir à Madame Colonna : « l’ordre de service est signé « .

 Il parviendra au maire quelques jours plus tard, en date du 23 février 1988.

 Il y à eu d’autres ordres de service. Dans l’ensemble ils sont relatifs à 4 tranches de travaux et à 15 toiles. Madeleine Allegrini rapporta successivement les toiles restaurées:

 - le 21 mars 1990, elle rapporte 4 toiles avec « Portrait d’homme en armure » revenu en mai 1989 de Naples, il y a donc à cette époque 5 toiles;

 - en avril 1991, elle livre 5 nouvelles toiles ;

 - en juin 1991, elle livre 3 nouvelles toiles ;

 Le total est de 13 toiles.

 Madame Colonna a tenu à rendre visite à Madeleine Allegrini dans son atelier et a bien voulu me demander de l’accompagner.

La première fois, quand nous avons vu la restauratrice étudier de près les lacunes de « Nature morte napolitaine » à travers une loupe et sous un projecteur, l’impression a été bonne.

Cette impression s’est confirmée lorsque Madeleine Allegrini nous a demandé de venir voir « Homme en armure » avant son envoi à l’exposition de Marseille.

Nous avions le souvenir d’une toile distendue, ternie au bord, déchiquetée et détachée du châssis.

Nous avons trouvé une toile retendue, nettoyée, aux couleurs plus affermies sous la patine des siècles.

Sur le chemin du retour, nous avons parlé de cette toile, la première restaurée (événement important pour nous) de ce personnage inventé et qui pouvait nous sembler authentique, venu de si loin dans le temps se présenter à nos regards admiratifs, avec son nom, son titre de Comte, et sa légende héroïque.

 LA PAUSE

 En mai 1993 un dossier pour la restauration de deux toiles est prêt.

 Une de ces toiles « Sainte Parenté » nous tient particulièrement à cœur car elle provient de l’Église; le donateur de la Collection Joseph Bonaparte ayant décidé que les toiles à sujets sacrés seraient placés dans les Églises et l’inspecteur Prévost – Marcillacy en a recommandé la restauration dont l’Archiprêtre est également soucieux.

 A cette date la situation est la suivante : sur 22 toiles, 13 sont restaurées et 1 est en cours de restauration. Il reste 8 toiles en attente, parmi lesquelles 3 ne demanderont qu’un simple nettoyage qui pourra être fait sur place. Il restera donc 5 toiles à restaurer. Dans le cadre de la décentralisation, on annonce que la gestion des Monuments Historiques sera transférée de l’État à la Région. Pour reprendre le dossier de 2 toiles et la restauration du reste de la collection et aborder le classement et la restauration des toiles de la Chapelle Sainte-Croix nous attendrons la mise en place des nouvelles structures administratives de la Collectivité Territoriale.

L’exposition

LES EXPOSITIONS

 La Toile « Portrait imaginaire de guerrier » a participe à l’exposition « Escale du Baroque » au Musée de la Vieille Charité à Marseille, d’octobre 1988 à janvier 1989, puis à Naples d’où elle est revenue en mai 1989.

 A Corte au Palais National :

 - en juin 1990, 3 toiles (« Portrait imaginaire de guerrier », « Marchande de poissons » et « Concert ») ont participé à l’exposition du « Patrimoine » organisée par Monsieur Marc Olivesi en liaison avec la Direction Régionale de l’Action Culturelle.

 Le Maire a tenu à montrer aux Cortenais le capital artistique de leur ville. Des expositions ont été organisées avec le souci de conditions de sécurité et la souscription des assurances.

 - du 17 juillet au 30 août 1991, 9 toiles ont été exposées,

 - du 12 juillet au 14 août 1993, 9 toiles dont 3 nouvelles ont été exposées.

 A Porto-Vecchio, au Bastion de France :

- du 4 septembre au 16 octobre l 993, sous l’invitation du député maire Monsieur de Rocca-Serra, 12 toiles sont exposées.

Le succès de ces expositions fut complet. Les vernissages très brillants n’ont pas été de simples réunions mondaines autour d’un buffet mais des séances d’études où l’on a vu de nombreux visiteurs aller de toile en toile, le catalogue en main, demandant des explications et faisant des commentaires, inscrit sur le livre d’or mis à leur disposition.

Les articles de presse concernant la collection Fesh

Délibération du conseil municipal 1840

Extrait de l’acte de transaction entre la ville d’Ajaccio et Joseph Bonaparte

Inventaire

Ordonnance du roi Louis Philippe le 15 mars 1843

Guerrier en armure 

Marchande de poissons Italie du Nord et du Centre XVIIIe siècle

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