Duc de Padoue

diapo502 (Copier)

Jean Thomas ARRIGHI de CASANOVA

Duc de Padoue

Le 8 mars 1778 naquit à Corté Jean-Thomas ARRIGHI, futur Duc de Padoue. Sa ville natale s’honorerait en commémorant cette naissance car c’est celle d’un de ses plus glorieux enfants, dont le nom est inscrit au côté sud de l’Arc de Triomphe de l’Etoile, à Paris.

Les historiens Paul-Louis ALBERTINI et Georges RIVOLLET lui ont consacré un important chapitre de leur remarquable ouvrage sur « La Corse militaire ». Et c’est à cet ouvrage que nous empruntons, pour les remémorer ici, les principales dates et les hauts faits de la vie de ce grand Cortenais.

La famille de Jean-Thomas ARRIGHI, qui jouait un rôle militaire et politique dans l’île depuis le 14ème siècle, reçut en 1772 le droit de se nommer « ARRIGHI DE CASANOVA », nous disent ces auteurs, parce que l’unique descendante à l’époque de Léonard de CASANOVA « célèbre mestre de camp au service du roi » y était entrée en 1635.

Cousin de l’Empereur

Le père de Jean-Thomas devint préfet du département du Liamone et Baron de l’Empire après avoir, en 1796, administré le département  du Golo. Il avait eu quatre enfants d’une cousine germaine de Letizia Ramolino et Jean-Thomas était donc un cousin issu de germain de Napoléon BONAPARTE.

Il quitte la Corse à l’âge de neuf ans pour entrer à l’école militaire de Rebais, près de Meaux. Puis, après la suppression de ce genre d’écoles par le gouvernement de la République en 1799, son père, devenu député suppléant à la Convention Nationale, l’envoie terminer ses études à l’Université de Pise.

Il retourne en Corse en 1796 et est nommé le 26 septembre de cette année-là sous-Lieutenant de la 3ème compagnie d’infanterie légère du Liamone. Dès le 30 novembre il est élevé sur place au grade de Lieutenant. Puis Joseph BONAPARTE, envoyé en mission en Corse, l’emmène avec lui en Italie et le présente à son frère. Nommé par ce dernier aide de camp du général Berthier, il participe en cette qualité aux campagnes de Vénétie et du Tyrol.

Le 6 mai 1797 il est cédé à Joseph Bonaparte qui, nommé ambassadeur près du Saint Siège Rome, en fait un secrétaire d’ambassade tout en lui faisant conserver son grade de militaire. A la fin de l’année 1797 il suit Joseph à Florence, mais presque aussitôt après le Général Bonaparte lui décerne un brevet de lieutenant adjoint à l’état-major général.

Le 15 mai 1798 Jean-Thomas Arrighi s’embarque pour la campagne d’Egypte sur la frégate « La Justice ». il va dès lors s’illustrer sans discontinuer dans des missions tant diplomatiques que militaires dont nous ne pouvons citer ici qu’un très bref échantillonnage. Le lendemain de la bataille de Salahieh où il a eu le crane fendu d’un coup de cimeterre sous les yeux du général Bonaparte, ce dernier le nomme capitaine et lui remet un sabre d’honneur.

Toujours aide de camp du général Berthier, il entre ensuite (notamment) un des premiers à Jaffa et est encore un des premiers à pénétrer dans Saint-Jean d’Acre, où les Français ne peuvent se maintenir, et d’où, grièvement blessé, il est évacué sur l’hôpital du Caire. Il y est soigné de longs mois.

Retenu par les suites de sa terrible blessure, il ne peut accompagner le général Bonaparte et Berthier à leur retour en France: et doit attendre le 26 septembre pour être rapatrié sur « La Marianne » qui, jouant de malheur, doit se rendre à un brick anglais a en vue des côtes de France, Les formalités d’échange d’officiers prisonniers furent longues et c’est seulement  après deux ans d’absence que Jean-Thomas Arrighi put rejoindre, en mai 1800, l’armée en Italie dans ses fonctions d’aide de camp. Dès le 14 juin il s’illustre à Marengo. Le 11 octobre il est nommé chef d’escadron dans un arrêté portant que sa prise de rang prenait effet à dater du 14 juin.

Ainsi, officier supérieur à 23 ans, Arrighi comptait déjà alors cinq campagnes, vingt batailles, deux années de captivité et deux graves blessures, il jouissait en outre de la totale confiance du général Berthier qu’il ne devait quitter que pour prendre, nommé chef de brigade, le commandement du 1er régiment de dragons le 31 aout 1803. Il est fait officier de la Légion d’ Honneur le 5 juin 1804.

Le 8 octobre 1805 il mène à Vertigen  la charge à la tête de ses dragons quand il est à nouveau gravement blessé. Son action est rapportée  au 3ème Bulletin de la Grande Armée et il reçoit une épée d’honneur. Encore convalescent il assiste le 2 décembre à la bataille d’Austerlitz. Napoléon le nomme le  25 décembre commandeur de la Légion d’Honneur.

Après Austerlitz, le 1er régiment de dragons occupe successivement plusieurs villes d’Allemagne et Arrighi reçoit à Arensberg, le 19 mai 1806, le brevet de colonel des dragons de la Garde Impériale. C’est à la tête de cette troupe d’élite qu’il fait les  campagnes de 1806 et 1807 en Prusse et en Pologne  Le 14 juin 1807, au soir de la bataille de Friedland au cours de laquelle il s’est particulièrement distingué, Napoléon le fait général de brigade et, lui confirmant son grade le 25 juin, lui laisse le commandement des dragons de la Garde Impériale.

 DUC DE PADOUE

 C’est le 25 mars 1808 que l’Empereur le fait duc de Padoue. Le 27 octobre de la même année il part rejoindre son régiment pour passer à sa tête la Bidassoa et entrer en Espagne précédent Napoléon et la Garde Impériale.

Pendant cette brève campagne il se distingue à Madrid et à Benavente.  Il rejoint ensuite à Paris l’Empereur qui  l’y a convoqué d’urgence et qui le charge de la réorganisation de la cavalerie.

Nous le retrouvons le 22 mai 1809 à la bataille d’Essling se comportant avec sa bravoure habituelle après que Napoléon lui eut confié sur le champ la 3àme division dont le commandant, le général Espagne, avait été tué le 21 mai. Il est fait général, de division le 25 mai et c’est à la tête de cette 3ème division qu’il va acquérir, le 6 juillet, une gloire nouvelle à la bataille de Wagram. Le 23 juillet 1810 il est nommé inspecteur général de la cavalerie et reçoit le grand cordon de l’Ordre de la Réunion.

Chargé d’une mission au Piémont en mai 1811, il peut, en juin, faire un court séjour à Lucques, en Toscane, et y recevoir ses parents venus de Corse, dont son père, le préfet du Liamone. Sa mission terminée, il rejoint Paris où, richement doté par l’Empereur, il épouse, le 23 février 1812, mademoiselle de Montesqiou, âgée de dix-neuf ans.

En partant pour la campagne de Russie, Napoléon lui confie le commandement en chef des côtes de l’océan de l’Elbe à la Somme. Lourde mission dont à son retour l’Empereur devait constate qu’elle avait été bien remplie.

1813 vit Arrighi engagé dans une longue suite de missions d’organisation alternant avec de glorieuses participations à d’incessant combats et il en fut de même de 1814. Jusqu’à sa chute sous sa monture abattue par un coup de mitraille pendant une ultime charge dans la défense de Bagnolet et de Montreuil contre le déferlement des masses ennemies.

  Gouverneur puis représentant de la Corse

Replacé dans les cadres de l’Armée et fait Pair de France au retour de l’île d’Elbe, le duc de Padoue est envoyé comme gouverneur de la Corse, rétablir dans l’île le pouvoir impérial, ce dont il s’acquitte à la perfection.

Après Waterloo il se démet de ses fonctions et, proscrit, se retire en Lombardie puis à Trieste où sa femme mourra le 14 juin 1817. Compris dans la 2ème amnistie, il rentre en France le 19 juillet 1820.

Le 13 mai 1849 le duc de Padoue est élu à une écrasante majorité représentant de la Corse à l’Assemblée Législative, puis devient sénateur après avoir reçu les dignités de Grand Officier puis de Grand-Croix de la Légion d’Honneur. Enfin il est appelé, le 29 décembre 1852, au gouvernement de l’Hôtel des Invalides en remplacement du prince impérial Jérôme, Maréchal de France. Il meurt dans ces fonctions le 23 mars 1853 et est inhumé le 26 dans le caveau réservé aux Gouverneurs des Invalides.

La ville de Corté, par une souscription qui dépassa largement les limites de la cité (plus de 8000 signatures) lui éleva, en 1867, une statue due au ciseau du sculpteur Bartholdi sur une place à laquelle fut donné son nom. Au niveau national, ce nom lui-même fut inscrit, comme nous le rappelions au début de cet article, au côté sud de l’Arc de Triomphe de l’Etoile.

(1)    « la Corse militaire », par P.-L Albertini et G. Rivollet, J. Peyronnet éditeur, Paris 1959.

Envoyer le commentaire

Champs obligatoire à remplir